11.05.12
Dedanlémo
photos © Grégoire Romanet
Julie Morel / Après vous / David Poullard / Fanette Mellier & Grégoire Romanet / Pierre di Sciullo
La Halle Roublot, à Fontenay-sous-bois
Du 3 au 30 mai 2012
Dans la dernière quinzaine de jours du mois d'avril, j'ai eu la chance de participer au montage de l'exposition collective Dedanlémo à Fontenay-sous-bois. “Exposition collective à lire avec son corps” pour laquelle les six artistes ont construit des œuvres avec des matériaux modestes tels le cartons, le bois, le papier.
Julie Morel propose de déchiffrer un code. Chaque carré est une lettre à déchiffrer selon son placement et d'après une des quatre grilles mise à disposition des visiteurs.
Après vous, duo constitué de Laurence Yared et Nathalie La Hargue, propose un message typographique constitué de rouleaux de papiers kraft qui disparaîtra progressivement avec l'intervention du public.
David Poullard propose aux visiteurs une lecture séquencée. Son installation est constituée de modules et selon les points de vue, les lettres se construisent et se déconstruisent et le lecteur fait appel à sa mémoire visuelle pour reconstituer les mots.
Fanette Mellier et Grégoire Romanet ont installé des affiches muettes dont certaines parties seront grattées pour laisser apparaître trois lettres aux couleurs surprenantes. Les tables sont ensuite renversées pour permettre aux visiteurs de déchiffrer les trois anagrammes en se déplaçant.
Pierre di Sciullo et Jean-Julien Simonot ont construit une maison en carton. Plutôt que de se coller sur l'architecture, l'écriture en détermine la structure, et la maison mot est construite à partir de lettres.
Il ne me reste qu'à vous conseiller d'y courir.
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10.05.12
Lettre de Philippe Torreton à Jean Ferrat
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Voici une belle lettre de Philippe Torreton adressée au regretté Jean Ferrat, que je voulais
vous transmettre alors que ce mois de mai commence et que la France a désormais un nouveau
visage, mais il y a bien du travail !
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" Jean,
J'aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J'aurais aimé que ta voix chaude
ne serve maintenant qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais
à Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c'est sacré !
Pardon te t'emmerder, mais l'heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois
que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées, je ne sais pas
si tu vois tout, de là haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux argentiers proche
du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est grave !
Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer,
écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare
sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt
au travail, qui s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management,
celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes,
celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme
une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres
en d'autres temps que tu as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle
de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n'est pas
pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres
alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays
qui vivent dehors et à qui l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France
qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres
pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui
par manque de superflu arrête l'essentiel…
Jean, rechante quelque chose je t'en prie, toi, qui en voulais à D'Ormesson de déclarer, déjà
dans le Figaro, qu'un air de liberté flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir
ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas ? Qui pourrait
le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s'est vendu à la Première dame de France.
Écris-nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français
à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tout ceux qui le soutiennent !
Jean, l'Huma ne se vend plus aux bouches des métros, c'est Bolloré qui a remporté le marché
avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l'info juste, on fait comme les poilus de 14/18
qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller
dans les blogs… Tu l'aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes
fantoches qui se font mandater par l’Élysée pour avoir l'honneur de poser des questions
préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu…
Jean, l'argent est sale, toujours, tu le sais, il est taché entre autre du sang de ces ingénieurs
français. La justice avance péniblement grâce au courage de quelques uns, et l'on ose donner
des leçons de civilisation au monde…
Jean, l'Allemagne n'est plus qu'à un euro de l'heure du STO, et le chômeur est visé, insulté,
soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l'haleine fétide
es renvois populistes de cette droite "décomplexée".
Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l'homme meurt
de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n'est plus aux hormones mais aux antibiotiques
et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir
faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon
de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire.
Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan
est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l'industrie agroalimentaire. On lui dit
de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s'endetter il s'endette,
on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite… Finies les jacqueries !
Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe.
Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant
on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre
sa retraite, carencé quand il tombe malade… Ici on massacre l’École laïque, on lui préfère le curé,
on cherche l'excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance
dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés…
Jean, je te quitte, pardon de t'avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j'aime
cette France, je l'aime ruisselante de rage et de fatigue, j'aime sa voix rauque de trop de luttes,
je l'aime intransigeante, exigeante, je l'aime quand elle prend la rue ou les armes, quand
elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur,
quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d'elle même
pour le plus pauvre qu'elle, quand elle s'appelle en 54 par temps d'hiver, ou en 40 à l'approche
de l'été. Je l'aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde
sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu'à elle même et puise sa morale
et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts…
Jean, je voudrais tellement t'annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai…
Je t'embrasse.
Philippe Torreton "
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17.04.12
La typographie en mouvement
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Voici le lien pour écouter une émission de France Culture (le 10 mars, oui, je suis à peine quelques semaines en retard) consacrée à la typographie. Les invités étaient Pauline Nunez, graphiste, qui travaille entre autre pour les éditions Ypsilon et membre active du nouveau site d'actualité typographique Point typo, Frank Adebiaye, auteur, et Geoffrey Dorne auteur du blog Graphisme et interactivité et designer chercheur aux Arts Décoratifs de Paris.
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10.04.12
Nouveau site web
Nouveau site web en ligne avec un nouveau graphisme et une mise à jour des travaux. Bonne visite louisedevalois.com
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09.04.12
Birth of a book
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